Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Etre artiste (en Algérie), c'est vraiment la bohème par Sofia Ouahib et Ryma Maria Benyakoub

Publié par The Algerian Speaker sur 3 Janvier 2014, 12:33pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

 

 

 

 

Ils ont consacré leur vie à l’art, aujourd’hui, ils vivent dans la précarité. Beaucoup d'artistes en Algérie souffrent encore d'un statut mal défini. El Watan Week-end est parti à la rencontre de ces artistes astreints à cumuler deux métiers pour nourrir leurs familles.

Tout commence par une photo qui a fait le tour du web dernièrement. Celle du comédien Ismaïl Aïssaoui, plus connu sous le nom de scène Zaabata. Sur le cliché, on le voit assis sur un lit, au milieu de vêtements et de chaussures, dans une camionnette qui lui sert de maison. Dans un reportage sur Ennahar TV, on l’a ensuite entendu parler de son quotidien dans la rue avec son épouse et ses trois enfants. Comme de nombreux artistes algériens, il vit dans la précarité la plus totale. Ses rares et maigres cachets ne lui permettant plus de subvenir aux besoins des siens. Sur le marché artistique, aucun barème de salaires n’est véritablement appliqué. L’acteur toucherait, pour un premier rôle au cinéma, d’après une enquête menée par El Watan Week-end en février dernier, entre 700 000 DA et 1 000 000 DA et pour un second entre 30 000 et 400 000 DA. Concernant les cachets à la télévision, un premier rôle dans une série rapporterait entre 80 000 et 600 000 DA. Pour un scénario de sketch, le cachet est de 5000 à 8000  DA et le doublage rapporterait entre 4000 et 8000 DA. Au théâtre, un comédien peut espérer gagner entre 4000 et 50 000 DA pour une représentation et entre 140 000 et 450 000 DA pour un mois de tournée. Globalement, la période estivale est la plus rentable. Pour les mariages, un chanteur peut toucher entre 100 000 DA et 300 000 DA.


Popularité


Parfois même plus, tout dépend de sa cote de popularité et son poids sur la scène musicale. Résultat : les artistes algériens jonglent entre différents boulots pour obtenir un salaire décent. Mais la précarité n’est jamais loin. Rezkellah Djilali, célèbre chanteur du groupe Raïna Raï (groupe phare des années 1980), est décédé le 6 novembre 2010 suite à un long combat contre le cancer, dans le plus grand dénuement. Sans argent pour se soigner ni prise en charge pour aller à l’étranger, il n’a pu compter que sur le soutien de ses fans et ses amis artistes algériens qui ont mené une campagne sur le Net en sa faveur et lancé une collecte d’argent afin de lui payer les médicaments et aider sa famille. De son côté, Bariza, elle, se plaint de la situation de l’artiste algérien. «Je n’ai pas d’assurance ni couverture sociale, pas de carte Chifa non plus», tonne Bariza, pilier de la chanson sétifienne. «Sans les fêtes de mariage, j’aurais été sur la paille, je n’aurais pas de quoi vivre.» L’artiste des Hauts-Plateaux dénonce «le piston dont bénéficient toujours les mêmes». Pour elle, tous les artistes ne sont pas égaux. Blessée de ne pas avoir été conviée au Festival de Djemila, à Sétif, elle estime que «c’est au Président de faire le ménage et d’éradiquer les “pirates“ qui sont à la tête de la culture». Drifa, icône de la chanson kabyle, croit aussi que les artistes ne sont pas bien représentés. «Notre culture sombre dans un terrible coma, affirme-t-elle en rejetant la faute aux responsables. Comme tous les autres artistes, je suis malade de cette situation. Si je n’étais pas fonctionnaire à la radio, je n’aurais pas de quoi vivre», confie-t-elle.


Statut


Pour Mourad El Baez, président de la Fédération nationale des arts lyriques (FNAL) et porte-parole du Syndicat national des artistes algériens, la situation des artistes a tout de même évolué mais il pointe du doigt l’éternel problème du statut de l’artiste. «Dans cette affaire, nous avons les mains liées puisqu’il n’existe pas de texte légal sur lequel se reposer. Je comprends la difficulté de la situation, car elle relève de deux ministères, la Culture et le Travail. C’est pour cela que l’Etat a créé une sorte de Haut-Conseil pour définir qui ouvre droit ou pas à la prise en charge grâce à une étude de dossiers.» C’est au Conseil national des arts et lettres (CNAL), créé en 2011, de régler la situation générale des artistes concernant leur statut et la Sécurité sociale. Constitué de onze membres issus du monde artistique dont font partie entre autres, Bahia Rachedi, Hamidou et Kamel Hamadi, il compte aussi parmi ses membres un représentant du ministère du Travail et une représentante du ministère de la Culture et est présidé par Abdelkader Bendameche. «Le conseil a travaillé activement depuis sa création pour assurer l’avenir des artistes et les faire sortir de la situation critique dans laquelle ils se trouvent, assure-t-il. Le CNAL a aussi comme rôle de définir les critères de la qualité d’artiste.» D’après lui, l’artiste aura bientôt un statut juridique qui lui permettra de bénéficier d’une protection morale et sociale. Pour cela, le conseil s’appuiera sur le palmarès des concernés et une déclaration sur l’honneur. «Voilà plus de 50 ans que nous sommes en stage dans cette République, s’emporte Mustapha Ayad, le fils de Rouiched. L’heure du changement a sonné. Ceux qui n’ont rien à voir avec la culture doivent rentrer chez eux et permettre à la culture de reprendre ses droits avec ses enfants naturels.»

3 questions à AMMAR KESSAB. Expert en politique et management culturel :

 

                 Les autorités doivent être au service de l’artiste

 

- Que pensez-vous de la situation des artistes algériens ?

Comme tout le monde le sait, la plus grande majorité des artistes en Algérie vit dans des conditions très difficiles. En l’absence d’une dynamique d’industries culturelles et ne bénéficiant d’aucun régime d’indemnisation, de Sécurité sociale ou de retraite, les artistes vivent au jour le jour, et quand la maladie ou la vieillesse les rattrape, on commence à diffuser leurs appels à la charité dans les journaux. Ainsi méprisé, humilié et clochardisé, l’artiste algérien est condamné à vivre dans un dénuement social insupportable. Pourtant, il a des droits, mais les autorités en charge de la culture n’ont pas la volonté de lui donner ses droits, garantis, faut-il le rappeler, par des conventions internationales que l’Algérie a ratifiées. Je citerai à titre d’exemple la convention de l’Unesco sur la protection des artistes interprètes ou exécutants.

 

- Quelles en sont les causes ?

A mon sens, la première cause de cette situation catastrophique de l’artiste en Algérie est politique. Elle s’explique par l’image que le pouvoir a de l’artiste et le rapport qu’il entretient avec lui. Considéré comme un outil efficace de propagande, l’artiste doit dépendre du bon vouloir des autorités qui décident de leur sort pour le maintenir dans une situation de dépendance. Lui offrir un mécanisme légal indépendant et fiable pour qu’il puisse vivre en toute dignité,signifie son émancipation, et c’est ainsi que l’artiste devient une menace à travers les messages que ses œuvres véhiculent. Voici la logique du politique actuellement. C’est pour cette raison que l’artiste en Algérie n’a pas de statut par exemple.

 

- Pour un avenir meilleur, que faut-il faire ?

Il faut que le ministère en charge de la culture cesse de distribuer de l’argent aux artistes comme si c’était de l’aumône, de prendre en charge des artistes malades comme si c’était un acte de charité, ou encore d’organiser des évènements sous le haut patronage de tel ou tel. En bref, il faut libérer le secteur culturel et arrêter d’instrumentaliser l’art à des fins politiques. Les autorités doivent être au service de l’artiste qui doit pouvoir bénéficier de tous ses droits. Il doit pouvoir diffuser ses œuvres et les commercialiser en toute liberté. Il doit bénéficier d’un statut qui lui garantisse une vie digne, même quand il n’a pas de contrat en cours. Un organisme, apolitique, et totalement indépendant doit gérer ce statut. Pour finir, je dirai que tant que l’art est instrumentalisé, l’artiste subira les diktats du politique qui fera de lui ce qu’il voudra, et ceux qui refuseront, parmi les artistes de jouer le jeu de la propagande, seront écartés.                                         

 

Les acteurs font de la pub :

 

Certains n’arrivent plus à joindre les deux bouts, d’autres vivent aisément grâce à la publicité. Aujourd’hui, «the advertising’s world» est monopolisé par une minorité de «célébrités» algériennes. Mais qui sont donc ces acteurs qui font de la pub ? Et sur quel critère sont-ils choisis ? «C’est l’annonceur qui recommande un acteur et pas le contraire (la production qui le choisit, ndlr)», déclare Sid Ahmed Gnaoui, animateur et producteur à la radio et à la télévision.

Selon lui : «Ils sont généralement choisis en fonction de leur notoriété, ou grâce à la bonne production faite lors du mois de Ramadhan». «Les gens se souviennent de l’acteur donc ils se souviendront du produit annoncé», conclut-il. Salah Aougrout plus connu sous «Souileh», acteur algérien et l’une des personnalités les plus fréquentes qu’on retrouve dans de nombreux films publicitaire, a un avis bien tranché sur la question. «Il faut que l’acteur algérien ait une autre source de revenus, et ne compte pas seulement sur l’art qui doit rester un dessert.»

Il poursuite : «L’art ne nous fait pas vivre, et c’est désolant qu’il y ait encore certains artistes  qui ne vivent que de ça.» La publicité, selon lui, «est une source de revenus comme une autre, et certains annonceurs sont prêts à payer gros pour voir des calibres faire l’éloge de leur produit». Ce dernier donne l’exemple de Athman Alriouat, qui a marqué son passage dans le monde artistique et serait donc un très bon candidat pour la pub. «La notoriété reste le critère le plus avancé pour faire de la publicité. L'amour que porte le public à notre égard contribue aussi à vendre le produit.»             

 

Constantine : activité culturelle irrégulière :

 

A Constantine, les nombreux artistes que nous avons interrogés ont été unanimes à dire que sans la promulgation par l’Etat d’un statut officiel qui préserve leurs droits, ils continueront encore d’activer dans la précarité, sans aucune couverture sociale, ni source de revenus stable, ni même une protection contre le piratage de leurs œuvres.

Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’internet, le téléchargement des chansons se fait sur un simple click, mais il faut dire aussi qu’avec la prolifération de studios privés qui pullulent un peu partout, des chanteurs de la nouvelle vague se permettent de puiser dans les œuvres d’autrui et amasser de l’argent avec en toute impunité. Parmi les artistes plasticiens, et hormis quelques cas qui se comptent sur les doigts d’une main et qui sont parvenus à sortir du lot et à se faire un nom même à l’étranger, la plupart d’entre eux révèlent qu’ils demeurent encore cloîtrés face à une activité culturelle très peu régulière et mal répartie sur les mois de l’année.

D’autres évoquent le manque d'espaces d’expression, mais aussi d’ateliers et autres lieux propices pour des rencontres entre artistes de différents horizons. C’est le cas également pour les musiciens qui, malgré leur nombre, n’arrivent même pas à monter sur scène au moins trois fois par an. Et que dire des nombreux chanteurs de malouf, et même de chaâbi, qui crient encore à la marginalisation ? En attendant que la ville bénéficie de nouvelles structures à la faveur de la prochaine manifestation de la culture arabe de 2015, la plupart des artistes continuent de mener une existence insipide.            

 

Batna : deux ans après les sit-in, rien n’a changé

 

Les artistes de Batna se souviendront toujours de cette année 2011, où trois mois durant, ils ont tenu un sit-in sur la place du théâtre une fois par semaine pour exiger des autorités un regard sur leur situation. Dans une pétition signée par un grand nombre d’artistes sans emploi ni statut, ils ont mentionné leurs vœux et appelé à la constitution d’une commission d’enquête pour mettre au jour ce qu’ils considéraient comme une «dilapidation de l’argent destiné à la culture».

Les initiateurs de cette action estiment aujourd’hui que rien n’a changé. «Le syndicat créé à l’époque pour miner le mouvement n’a évidemment rien fait, à part absorber la colère, et ceux qui bénéficiaient de la rente culturelle sont toujours les mêmes», indique un des leaders du mouvement. «Une école régionale des beaux-arts et une école de musique délivrent des diplômes à des étudiants mais il n’existe pas de débouchés», regrette un autre. Quant aux projets d’embellissement qui relèvent du domaine de l’art, ils restent réservés aux entrepreneurs. «Livrés à nous-mêmes, nous nous débrouillons chacun comme on peut, et chacun selon ses relations plus ou moins influentes», déclarent plusieurs d’entre eux.         

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Warisem 05/08/2014 19:16

bonjour,
je viens juste faire une petite remarque dans le meme ordre d'idée des injustices que subit l' artiste algerien, le vrai ,qui veut voir sa culture developpée. à titre d'exemple ,les reprises de chansons, nos structures culturelles encouragent beaucoup plus ce genre. et je vous jure que celà fait plus mal que cette misere sociale dont nous souffrons.Notre etat verse de l'argent à celui qui vient barragouiner des chansons d' artistes encore vivants soient à la radio et TV soient en public ,alors que ceux là sont rarement diffusés et se voient refusleur demande pour le meme gala.. Où est la promotion de notre chanson? pourquoi on encourage que le t'bel ""allez... allez... ambiance.... ohée ohée ohée ? "" svp chers responsables de la culture ,c'est vraie que l'artiste chante aussi la joie ,mais que le folklore non, laissez l'artiste s'exprimer car c'est un don de Dieu ,qui agit par inspiration alors ne censurez pas la nature, et veillons tous ensembles à sa propreté et son epanouissement

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